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Poésies

Jeudi 27 juillet 2006

Un petit poème de Boris Vian.
Je n’ai pas le droit (et surtout pas l’envie) de vous taper toute son œuvre, mais c’est un auteur génial


Je voudrais pas crever


Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans les coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plait
Le fond vert de la mer
Où valse les brins d’algue
Sur le sable ondulé
L’herbe grillé de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
Le belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…



A lire absolument :
L’écume des jours
J’irais cracher sur vos tombes
L’herbe rouge
L’arrache cœur

Par Baudouin IV
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Lundi 16 octobre 2006

A l'ombre de tes yeux noirs,

S'étend le plus beau des regards.

Cils opaques cachant la vertu,

Dis moi, belle, un jour, m'aimeras-tu?


Les muses n'aiment que les dieux,

Qui se plaignent du malheur qui pèse sur eux.

Le simple mortel est banal,

Mais en quoi est ce un mal?


On aime ce qui pique les yeux:

Amour, tristesse, homme cruel,

Qui plus il l'est, plus la femme est belle,

Papillon brûlant ses ailes sur les feux.


A l'ombre de tes yeux noirs,

Vis le plus beau des voyages,

Celui qui ne se fait qu'à deux,

Celui où le simple est l'égal des dieux.

Par Baudouin IV
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Lundi 16 octobre 2006

Je ferme les yeux et je ne peux dormir,

A cause d'un sentiment qui ne peut s'écrire,

Une ombre noire, persistante, au creux de l'âme,

Et qui d'une seule vision, mon coeur se damne.


Pourtant, je ne peux que sourire,

Car soupirer ne fait que souffrir,

Et creuser les rides du mépris,

Que l'on appelait autrefois mélancolie.


Comment chasser ce monstre tapi?

Et qui, dans un recoin de mon esprit,

Mange mes scrupules petit à petit,

Et des brindilles d'humanité fait son nid.


Comment être un homme alors

Que je me vois comme un monstre,

Que d'autres viennent à maudire ma rencontre,

Comme si j'étais de leur âme le matador.


La malédiction n'est elle pas là?

Priez le ciel pour que enfin on vous vois,

Dire la vérité pour que son nez ne s'allonge pas,

Rêver d'être réel, mais n'être que de bois.

Par Baudouin IV
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Lundi 16 octobre 2006

Je t'attends, belle, depuis peut être mille ans

Et pourtant, je n'ai jamais été patient.

J'ai été un jour prévenu de ta visite,

Par la mélopée jouée par celui qui tient ma rythmique.


De t'attendre, je me languissais,

De t'attendre, je ne désespérais,

Malgré les grandes voix qui me disais:

« Cette déesse ne viendra jamais »


Mais je vois bien que tu es là,

Ces vieux yeux ne me trahiraient pas,

Car sinon, cela ne rajoutera

Que mille ans de plus que la dernière fois.

Par Baudouin IV
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Lundi 16 octobre 2006

Y-a-t-il mieux derrière moi?

Car apparemment tu ne me vois pas.

Le faible regard que tu me procures

Me fait l'effet d'une terrible brûlure,

Qui réchauffe mon coeur,

Qui attise mes pleurs.

Que faut-il faire pour te plaire?

Être cruel peut apparemment te satisfaire,

A moins que Narcisse t'attire?

Contre cela, je n'ai qu'un maigre empire:

Un coeur peu à peu de pierre,

Qui viendrai à ronger ma chair.

Bientôt je ne connaîtrais plus le goût du miel,

Le temps m'aura transformé en statue de sel.

Peut-être me reste-t-il une chance,

Avant qu'Anubis ne me présente sa balance.


Par Baudouin IV
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Lundi 16 octobre 2006

J'irais droit en enfer

Et je dois bien l'avouer,

Cela m'indiffère!

Car pour y succomber,

Il faudrait déjà l'inventer.

Nul Enfer! Nul Paradis!

Car si l'éden est terrestre,

Le royaume d'Hadès l'est aussi.

Pourquoi espérer pire ailleurs,

Alors qu'il y a ce qu'il faut en douleur?

Pas besoin d'un diable,

Quand on sait se rendre misérable;

Pas besoin d'un Lucifer,

Quand le reste nous indiffère.

Le contraire de la peur n'est pas le courage,

Mais peut être bien un concept nommé partage...

Par Baudouin IV
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Jeudi 26 octobre 2006

Je fais ce rêve bizarre,

D'une femme dont je ne vois le regard,

Caché par un ample chapeau,

Et qui par un sourire me tourne le dos.

Je le sais, cette femme est belle,

Je le sais, cette femme est celle,

Qui d'un regard me rendra beau,

Qui d'un toucher me donnera chair et os

Qui d'un sourire me montrera le soleil

Qui d'un baiser me fait croire aux merveilles.

Le paradoxe du poète tiens en cette réalité:

Rechercher sa muse comme un forcené,

User de son art jusqu'à ce qu'on en crève,

Mais en faite n'aimer que la femme de ses rêves.

Par Baudouin IV
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Jeudi 26 octobre 2006

Je veux juste être libre,

Ne pas me retourner à chaque pas,

Ne pas sentir qu'on ne m'aime pas,

Juste parce que je ne suis pas de la même fibre,

Du même sang, du même poil que tout les moutons,

Qui filent droits, sans se poser de questions.

Je veux juste être libre,

Pour croire qu'en chaque personne,

Vit une volonté qui résonne

Qui s'offusque aux sons des calibres,

Juste pour ne pas courber la tête,

Juste pour être et ne plus paraître.

Je veux juste être libre,

Pour ne plus être seul contre tous,

Afin que autre chose qu'un idéal me pousse,

Pour qu'enfin je trouve un équilibre.

Ne plus craindre de blesser,

Mais juste arriver à vous toucher...

Par Baudouin IV
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Jeudi 26 octobre 2006

Comment ne pas être blasé

Devant la folie des hommes

Qui depuis cette histoire de pommes

Crois que son âme est condamné

Pour avoir oublié de prier

Alors qu'il se garde de mentionner

Toute les vies qu'il a volé.

Comment ne pas être blasé

Devant la folie des femmes

Qui aime tant braver les flammes

Mais qui devant un beau pedigree

Oublie leurs belles résolutions

Pour ressembler aux loups face aux moutons.

Comment ne pas être blasé

Devant tant de mensonge proférés

Alors que certains de par le monde

N'ont pas de droits de vérité

Et que pour l'avoir, ils y succombent

Alors que chez nous, il n'est que gaspillé.

Comment ne pas être blasé

Devant la route qui nous est tracé

Où le choix est là, mais limité

Où le moule est étroit, mais recommandé

Et où les esprits n'ont pas le droits de citer.


Par Baudouin IV
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Samedi 4 novembre 2006

Une bête intérieur,

Féroce, au talent destructeur,

Une sauvagerie sans limite,

Dont le peu de barrage imite

Le fétu de paille devant le feu de forêt

Que même l'eau ne peut étouffer.

Je sens ses griffes, ses dents,

Qui ne me poussent pas dehors, mais dedans,

Des armes déchirants les âmes,

Causant des blessures de larmes.

Le sang n'étanche pas ma faim,

Seul souffrance, peine et chagrin

Compte dans mon sombre dessein.

Tremble misérable agneau!

Ton maigre cou connaîtra bientôt mes crocs.

N'espère aucune pitié de l'animal,

Car tu n'en a pas eu du haut de ton piédestal,

En me chassant à cause de mon poil trop gris.

Bientôt, oui, bientôt...

Tu connaîtras le délicieux sens du mot mépris.

Et tu verras ta vrai couleur de peau:

Pas vraiment plus blanc,

Que celui du loup reflet gris-argent...

Par Baudouin IV
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