Chapitre 1: De l'art d'être à
l'heure
J'allumais négligemment ma cigarette et portais un regard vers le titre de la première page du journal. Je fus obligé de le relire plusieurs fois pour que l'information s'imprime dans mon esprit, et finisse par être emporté par le flot de caféine contenu dans mon cappuccino. L'information était lourde et ne flottait pas, tant et si bien qu'elle fut coulée dans les limbes de mon esprit. J'attendais Sarah avec une certaine impatience, je dois l'avouer, non pas que sa présence me soit nécessaire, mais parce que le retard m'insupporte. Je tirai en une bouffé toute la dose de nicotine contenue dans ma cigarette, et laissa le reste aux pigeons, devenu à leur tour les toxicomanes urbains standards. Alors que j'observais un volatile dodeliner avec le reste de ma cigarette au bec, j'entendis la voix de Sarah:
« Salut, tu m'attendais? »
Je fus bien obligé de mentir. Elle adore se faire désirer. Et je ne la désire pas. Ce qui est un paradoxe, maintenant que j'y pense...
« Non, je buvais un petit café, je lisais un peu les nouvelles et...
-Oui oui », répondit elle, balayant mon argumentaire d'un revers de main. Un pigeon, complètement en manque de nicotine, se précipita dessus et commença à l'allumer à l'aide d'un briquet. Le volatile explosa dans une gerbe de chair et de plume. Le serveur du bar nous lança un regard de réprimande en allant chercher le nécessaire de nettoyage...
« Alors, dis-je à Sarah en sirotant innocemment mon café, que me racontes-tu de beau?
-Oh, rien de bien extraordinaire, mon mémoire avance bien, et puis je continue le patchwork.
-Intéressant, mentis-je. Tu ne manques pas de matière première?
-Non, ça va. Le plus difficile est de savoir tout mettre en place. Et toi, ton livre?
-Toujours à la page une... Je n'arrive pas à démarrer.
-C'est ballot. Ho ne t'inquiète pas, tu vas trouver, ça va venir... »
Sarah possédait ce que j'appellerais un insupportable optimisme. La faculté sans borne, même si elle pense le contraire, de croire que tout va s'arranger pour vous. Rafraîchissante au début, elle avait pris l'habitude de m'échauffer très rapidement les oreilles. Surtout qu'au bout de deux minutes, nos principaux sujets de conversations étaient épuisés. J'appelais le garçon et lui en commanda un. Il me rapporta une question sur le petit ami de Sarah.
« Et comment va Stéphane? Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu!
-Il se repose le pauvre chéri. Il travaille beaucoup!
-Ha? Et que fait il?
-Il travaille.
-Sur?
-Le travail. C'est son travail. Il travaille. »
Je me pinçais le haut du nez entre le pouce et l'index, pour mimer une migraine naissance, mais ne connaissant pas personnellement une migraine, et n'en côtoyant pas habituellement, mon imitation tomba à l'eau. Je décidais d'embrayer sur autre chose, et je passais la seconde:
« Tu as des nouvelles de Nino?
-Oui, on fait souvent du sport tout les trois, Nino, Stéphane et moi. J'ai besoin de rester en forme pour la compétition.
-La compétition?
-Tu n'as pas oublié quand même? La semaine prochaine, on décidera qui sera jugé femme ou pas.
-Ha oui, je n'y pensais plus. Mais maintenant que tu me le dis, que devienne celle qui ne sont pas admise parmi les femmes?
-Elles sont remises à l'eau.
-Ha oui, effectivement, ma question était stupide... Tu crois avoir tes chances?
-Oui, j'ai perdu un kilo, j'ai pris un bonnet, j'ai reçu de nouveaux sous vêtements et j'ai appris une nouvelle position du kama suttra.
-Bien pour l'esthétique, mais pour la technique?
-Tu sais que je n'ai pas besoin de ça, je connais tout sur la cuisine et les travaux ménagers.
-Je dis cela pour toi, moi je trouve ces concours stupides!
-Moi pas. Et puis le monde est fait comme cela, on ne va pas en changer
-Ce n'est pas parce que le monde pense de travers qu'on va se reprocher de penser à l'endroit »
Sarah me lança un regard qui me donna l'impression que j'avais fait autant mouche qu'un aveugle dans un stand de tir (soit dit en passant, deux morts, cinq blessés, condoléances aux familles). Je décidais d'éluder les questions révolutionnaires qui avaient encore aujourd'hui mauvaise presse: le titre se décrocha de son lest et remonta à la surface des limbes de mon esprit: « les révolutionnaires ont mauvaise presse: après tout, ils l'ont bien mérité ». Je pliais le journal après en avoir vérifié le titre et commença à me livrer à un exercice d'origami. Après en avoir fait un avion des plus fuselé, installé un cockpit et un réacteur, je le lançais en l'air, en balançant cette pique, tandis que le planeur dépassait le mur du son:
« Quitte à avoir mauvaise presse, laissons au moins voler le peu de liberté qu'il nous reste. C'est ça le rêve, non? »

S'il existe un groupe de rock bien déjanté, c'est bien Tenacious D! A l'occasion de la sortie de leur nouveau et premier film "The pick of destiny", qui est soit dit en passant complètement barré et bourré de guest stars, les deux compères sortent la bande originale, qui bien entendu est un vrai album de rock à lui tout seul...
Voici ici l'occasion de vous présenter ma bibliothèque. Les livres sont essentiels pour moi, voir vitaux, je me dois donc de vous faire partager mes influences, qui vous pourrez le constater, sont quelquefois comparables à certains de mes écrits (à défaut d'être original, on plagie comme on peut...)

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