Chapitre 4: L'art
d'avoir une gueule de bois et de s'en remettre.
Je me levais avec une belle gueule de bois. La veille fut mouvementée, et maintenant, une colonie de termites en voulait à mon faciès. Je passais par la salle de bain, usant de quelques insecticides traînant dans mon armoire à pharmacie afin d'arranger un tel carnage. Comme chaque lendemain de beuverie, je me disais: « plus jamais d'alcool! ». Et je replongeais aussi sec. Généralement avec un whisky. Les insectes avaient fait du beau travail, j'avais le visage ravagé comme un lendemain de Verdun. Après m'être débarrassé des insectes, j'appliquais un enduis pour boucher les trous. Puis j'utilisais de la cire afin de lisser et rendre mon visage plus humain. Mon travail était approximatif, mais semblait suffisant jusqu'à ce que le bois disparaisse. J'étais tellement concentré que je ne sentis pas une douleur me vriller le crane, comme si un insecte se creusait sa propre galerie dans mon cerveau. Je compris bien vite que je n'avais pas fait qu'attirer des termites, mais une vrai colonie de termitis cephalus. Et apparemment l'insecticide n'était pas allé assez profond, et et il restait une représentante de taille dans mon céphalée: sûrement une reine!
Je fouillais mon armoire à la recherche d'une capsule d'insecticide: rien. Ma révulsion des médicaments me semblait bien ridicule. Je me disais qu'avec le temps, la reine s'ennuierait ou bien mourrait d'inanition. Mais il y avait peu de risque: entre mes idées noires, folles et créatrice, il y avait de quoi s'occuper, se nourrir... ou se suicider. Je ne pense pas qu'un insecte comprenne ce dernier concept...
Je finissais de me préparer et je filais au bar à pigeons. Comme d'habitude, trois volatiles gambadaient, cherchant leur toxine tombant du ciel. J'exauçais leur voeux en lâchant une cigarette. Le tout se termina dans un prodigieux ballet de son, plume et lumière.
« Un café noir, très noir », fis je au serveur en m'installant.
Celui ci s'exécuta en préparant le breuvage et en y ajoutant une bonne dose de colorant noir.
« Vous avez l'air d'avoir une gueule de bois, me fit il en me servant.
-Moi? Mais pas du tout! » Répondis je vexé.
Je bus quasiment d'un trait le breuvage colocaféiné. Je sentis la termite dépressier ce traitement en dansant le hip hop dans me tête. C'était bien ma veine, j'étais tombé sur une termite adepte des boites de nuit. J'aurais limite préféré une adepte des boites échangistes...
En parlant d'échange, je ferais bien celui de mes fluides corporelles avec la demoiselle du comptoir. Brune, regard câlin, le poil soyeux,le genre de chat que j'aime adopter. Je me levais et allait m'asseoir à coté d'elle, après avoir habillement lissé mes sourcils avec mon index et mon auriculaire.
« Bonjour, puis je poser une question purement entomologique? Demandais je innocemment.
-Heu... Oui, répondit elle coupablement.
-Vous vous y connaissez en termites? »
Elle ria et parut soulagée.
« J'ai eu peur, j'ai cru que tu en voulais à mes fluides. Mais vu ta tête, je crois que tu as la gueule de bois. Tiens une capsule d'insecticide pour ta termite.
-Merci. Je peux te payer un verre pour te montrer ma gratitude?
-T'essaierais pas de me draguer par hasard?
-Moi? Nooooon, fis je outré
-Hé bien écoute, tu vas prendre ce puzzle, et aller y joueur sur l'autoroute, je t'y rejoins »
Quelque chose me disais qu'il y avait anguille sous roche. J'en tirais trois leçons:
-L'insecticide, c'est vraiment efficace contre les termites
-Faut pas faire confiance aux femmes trop jolies
-L'autoroute, c'est super dangereux.
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