Jeudi 20 septembre 2007

divers-023.jpg Chapitre 4: L'art d'avoir une gueule de bois et de s'en remettre.

 

Je me levais avec une belle gueule de bois. La veille fut mouvementée, et maintenant, une colonie de termites en voulait à mon faciès. Je passais par la salle de bain, usant de quelques insecticides traînant dans mon armoire à pharmacie afin d'arranger un tel carnage. Comme chaque lendemain de beuverie, je me disais: « plus jamais d'alcool! ». Et je replongeais aussi sec. Généralement avec un whisky. Les insectes avaient fait du beau travail, j'avais le visage ravagé comme un lendemain de Verdun. Après m'être débarrassé des insectes, j'appliquais un enduis pour boucher les trous. Puis j'utilisais de la cire afin de lisser et rendre mon visage plus humain. Mon travail était approximatif, mais semblait suffisant jusqu'à ce que le bois disparaisse. J'étais tellement concentré que je ne sentis pas une douleur me vriller le crane, comme si un insecte se creusait sa propre galerie dans mon cerveau. Je compris bien vite que je n'avais pas fait qu'attirer des termites, mais une vrai colonie de termitis cephalus. Et apparemment l'insecticide n'était pas allé assez profond, et et il restait une représentante de taille dans mon céphalée: sûrement une reine!

Je fouillais mon armoire à la recherche d'une capsule d'insecticide: rien. Ma révulsion des médicaments me semblait bien ridicule. Je me disais qu'avec le temps, la reine s'ennuierait ou bien mourrait d'inanition. Mais il y avait peu de risque: entre mes idées noires, folles et créatrice, il y avait de quoi s'occuper, se nourrir... ou se suicider. Je ne pense pas qu'un insecte comprenne ce dernier concept...

Je finissais de me préparer et je filais au bar à pigeons. Comme d'habitude, trois volatiles gambadaient, cherchant leur toxine tombant du ciel. J'exauçais leur voeux en lâchant une cigarette. Le tout se termina dans un prodigieux ballet de son, plume et lumière.

« Un café noir, très noir », fis je au serveur en m'installant.

Celui ci s'exécuta en préparant le breuvage et en y ajoutant une bonne dose de colorant noir.

« Vous avez l'air d'avoir une gueule de bois, me fit il en me servant.

-Moi? Mais pas du tout! » Répondis je vexé.

Je bus quasiment d'un trait le breuvage colocaféiné. Je sentis la termite dépressier ce traitement en dansant le hip hop dans me tête. C'était bien ma veine, j'étais tombé sur une termite adepte des boites de nuit. J'aurais limite préféré une adepte des boites échangistes...

En parlant d'échange, je ferais bien celui de mes fluides corporelles avec la demoiselle du comptoir. Brune, regard câlin, le poil soyeux,le genre de chat que j'aime adopter. Je me levais et allait m'asseoir à coté d'elle, après avoir habillement lissé mes sourcils avec mon index et mon auriculaire.

« Bonjour, puis je poser une question purement entomologique? Demandais je innocemment.

-Heu... Oui, répondit elle coupablement.

-Vous vous y connaissez en termites? »

Elle ria et parut soulagée.

« J'ai eu peur, j'ai cru que tu en voulais à mes fluides. Mais vu ta tête, je crois que tu as la gueule de bois. Tiens une capsule d'insecticide pour ta termite.

-Merci. Je peux te payer un verre pour te montrer ma gratitude?

-T'essaierais pas de me draguer par hasard?

-Moi? Nooooon, fis je outré

-Hé bien écoute, tu vas prendre ce puzzle, et aller y joueur sur l'autoroute, je t'y rejoins »

 

Quelque chose me disais qu'il y avait anguille sous roche. J'en tirais trois leçons:

-L'insecticide, c'est vraiment efficace contre les termites

-Faut pas faire confiance aux femmes trop jolies

-L'autoroute, c'est super dangereux.

 

 

 

 

 

 

Par Xaer Khân - Publié dans : Nouvelles
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Dimanche 16 septembre 2007
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Je t'avais ouvert mon coeur,

Un coffre au trésor inégalé,

Et tu l'as traîtreusement refermé,

Peut être par erreur.

 

Ce coffre, je l'ai verrouillé,

Et j'en ai jeté la clef,

Pour ne plus jamais l'ouvrir,

Pour ne plus jamais en souffrir.

 

Pourtant ce coffre, il suinte,

De haine, d'amour, nul feinte,

Tu en as brisé l'étanchéité,

Ce coffre, mon coeur, tu l'as brisé.

 

Par Xaer Khân - Publié dans : Poésies
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Samedi 15 septembre 2007
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1989...

« Tu ne l'as pas tué... »

Le vieil homme souleva son grand pied et écrasa d'un coup l'araignée.

« Vois tu, Vincent, il faut frapper en premier et d'un coup décisif, ainsi, ton ennemi ne peut t'échapper...

-Mais papy...

-Suffit! Fit il impérieusement. Fini de ranger ce grenier, je vérifierais que tu as bien fait ton travail tout à l'heure. »

Le grand père laissa Vincent seul dans cette immense pièce, avec pour seul lumière une petite lucarne même pas assez grande pour le faire passer, pourtant mince qu'il était. Il avait l'impression d'être minuscule et perdu dans cet amas de cartons, de poussières et d'ombres. Sans doute se trouvait il un monstre, un animal ou un insecte qui l'observait dans l'obscurité. Cela le terrifiait, mais pourtant, il devait combattre ses peurs. Son grand père lui avait dit que la terreur était la justification des lâches. Lui même tenait ça d'un sergent durant la guerre. Vincent avait appris au fil du temps à transformer sa peur en excitation. Sans le savoir, il était devenu une sorte de drogué. Il attendit que le bruit des pas du chef de maison s' éloigne pour s'approcher du cadavre de l'araignée, complètement aplati par le talon énergique de l'aïeul. Il regrettait amèrement le geste de mort de son grand père. Il n'avait pas observé, ou cherché à comprendre l'arachnidée; il l'avait vu, et instinctivement, l'avait tué. C'était devenu un réflexe pour lui d'éliminer ce qui lui était inférieur. Et ça n'était pas forcement très compréhensible pour un gamin de huit ans, lui qui pouvait passer des heures à observer une fourmilière. A chaque fois que le vieil homme passait à coté de lui lors de sa période d'étude entomologique, celui ci hochait de dépit la tête tout en se passant la main dans sa barbe. Visiblement, il ne trouvait pas cela normal de rester des heures ainsi devant des insectes. Il mettait cela sur le compte de la mort de sa mère, et peut être sur le fait que « tout compte fait ce gamin est peut être pas normal, genre autiste », disait il souvent à l'adresse des voisins, comme pour se faire plaindre.

Mais cela passionnait Vincent. Il pensait à ces petits êtres capables de faire de si grandes choses: chasser, construite, déblayer, élever, cultiver. Il avait lu pas mal de livre sur le sujet, et avait fait part de chaque nouvelle information apprise à ce sujet à son grand père, qui lui rétorquait à chaque fois « ce ne sont que des bestioles ». Il en avait arrêté de communiquer sur ce point avec son grand père, le dialogue se résumant à de simple discussion sur les devoirs ou le ménage à faire. Vincent garda cette passion pour lui, même à l'école, où cela était aussi mal vu, sauf par son institutrice qui voyait en lui quelqu'un de très éveillé. Ce qu'avait immédiatement démenti le grand père: « Un gosse qui reste des heures à rien faire devant des bestioles, j'appelle ça un faignant ». Pourtant, Vincent ne renâclait pas à la tache: vaisselle, ménage, jardinage, rangement. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour aider son grand père sur ce point, celui se plaignant de maux de dos toute la journée, tant et si bien qu'il passait la plupart de son temps libre à faire les tâches ménagères...

Il était en train de déplacer un carton particulièrement lourd, quand le fond de celui craqua et laissa tomber tout le contenu sur le sol dans un fracas épouvantable. Vincent se mit immédiatement à genoux, espérant que son grand père n'ai rien entendu, et commença à ranger le contenu du carton, qui heureusement ne contenait rien de fragile, juste quelques bibelots d'un autre temps. Il ne resta pas à contempler les objets, il se pressa de les mettre dans une autre boite le plus vite possible, quand il tomba sur un objet qui n'était pas décoratif. Métallique, possédant une crosse et un canon. Vincent n'avait jamais vu un revolver, mais il en avait lu des descriptions et vu des reproductions en tant que jouet dans les cours de récréations. Il pris l'objet entre ses mains, délicatement, comme s'il était trop chaud, et sans savoir pourquoi, le caressa, comme pour le nettoyer. Il trouvait le contact de l'objet particulièrement agréable...

Mais pas autant que la gifle que lui donna son grand père qui était arrivé dans le grenier sans faire de bruit. Jamais il n'avait reçu une tel gifle avec autant de violence, il en était tombé à la renverse. Les larmes lui montaient aux yeux, il ne comprenait pas en quoi il avait fauté.

« Ne touche pas à ça, morveux! C'est dangereux! Si je te revois avec ça, je te tue! Maintenant dégage, je veux plus te voir! Et tu fileras directement te coucher ce soir, et sans manger! Allez, file avant que je fasse un malheur! »

Vincent courra vers le jardin sans pleurer, juste quelques larmes. Il avait pris l'habitude de ne pas montrer sa peine aussi ouvertement, même s'il ne restait qu'un enfant. Il se dirigea vers le pied du pommier, là où il restait accroupi des heures, à observer sa fourmilière. Il se mit en position foetale, ruminant sa rage et son incompréhension. Pourquoi? Qu'avait il fait? N'en donnait il pas assez? Était il la cause des ennuis de tout le monde, vu comment on le traitait? Il se concentra en sanglotant sur ses petits compagnons, qui travaillait d'arrache pied pour le bien de leur communauté. Comment eux pouvait il supporter leur tache, quitte à en mourir? La réponse lui vint naturellement. Ce ne sont que des bestioles après tout... Et les bestioles...

Calmement, Vincent alla dans la remise du jardin, et trouva le bidon d'essence du motoculteur. Il en pris un peu dans une boite de conserve, et trouva l'une des boites d'allumettes que son grand père laissait traîner partout dans la maison. Il se redirigea vers le pied de l'arbre et aspergea la fourmilière du liquide puant, que lui trouva étrangement enivrant. Les fourmis, en bonnes ouvrières, commencèrent à se mettre à l'ouvrage pour réparer l'inondation, sans se douter du danger. Le jeune garçon craqua une allumette et la lança sur la construction de terre, qui émis un sifflement, comme la plainte de milliers de créatures. Enfin il comprenait son grand père sur ce point: ce ne sont que des bestioles après tout!

Par Xaer Khân - Publié dans : Romans
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Samedi 15 septembre 2007
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Comme vous le savez sans doute, je collabore avec le chanteur Diasthesis (vous trouverez son myspace dans les liens) pour l'écriture de ses chansons. Je vous livre ici les paroles (françaises) de quelques unes...

Underground (Résistance)

Je ne vois plus le jour,
Pas de lumière au tunnel,
La vie dans un four,
Et l'enfer au goût de miel,
Beaucoup renonce à l'espoir,
Croyant leurs rêves perdu,
Moi je refuse de laissez choir,
Juste parce qu'ils l'ont vu.

Chaque jour est un fardeau,
Pour mon existence
Chaque jour est un cadeau,
Pour la résistance

Que je sois seul ou mille,
Que nul ne comprenne,
Ou tous me soutienne,
Je me battrais pour l'île
De liberté et de pensée
Que j'ai su préservé,
Contre cette perversité,
Que t'oses appeler société

Chaque jour est un fardeau,
Pour mon existence,
Chaque jour est un cadeau,
Pour la délivrance.


Choose to be here

Ne me regarde pas avec ces yeux là,
Ce genre de reproche ne m'atteigne pas,
Tu peux me reprocher tout tes malheurs,
Je ne suis pas là pour te jeter des fleurs.
Je n'ai pas choisi d'être ici
Alors contente toi de moi,
Et si tu n'aimes pas cette compagnie,
Ferme là et casse toi,
Je ne te retiens pas.
Ici, tu tombes sous ma loi.
Car je te l'ai dis:
Je n'ai pas choisi d'être ici.
Tes états d'âmes, je m'en balance,
Tu déprimes, c'est pas de chance,
Si tu as tant de certitudes,
Agis, arrête la masturbe.
Me pollue pas la vie
Je n'ai pas choisi d'être ici.
Ma vie, j'en fais ce que j'en veux,
Après tout, la tienne vaux pas mieux,
Alors au lieu de faire semblant de la détruire,
Fous lui un bon coup, ça pourra pas être pire
C'est à cause de gens comme toi que j'en chie,
Putain, j'ai pas choisi d'être ici...


Hero will die

Je n'ai plus de vie,
je me suis voué à une utopie,
à la télé, tout le monde m'acclame,
comme une icone de paquet de céréale.
On scande mon nom,
sans me connaitre,
on me voue une religion,
sans un seul prêtre

je n'ai pas fais tout ça
pour ça
mais je me doutais bien
les heros meurent à la fin

Je n'ai plus de vie,
mon idéal m'a tout pris,
croire qu'on peut révolutionner,
qu'on peut vous faire changer,
Tout ça m'a pris mon temps,
et mon temps, c'est votre argent,
du moment que vous vivez égoistement,
les autres ne sont plus important

je n'ai pas fais tout ça,
pour ça
mais je le savais bien
les heros meurent à la fin

Je n'ai plus de vie,
la mort achève mon sursis,
j'ai tout donné, rien reçu,
personne ne s'en est aperçu,
on me glorifiera de mon vivant,
d'un nom qui n'est pas le mien,
on m'oubliera dans mon néant,
d'un nom qui n'est plus le mien

je n'ai pas fais tout ça,
pour ça
mais vous l'esperiez bien
 que les heros meurent à la fin
Par Xaer Khân - Publié dans : Culture
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Dimanche 9 septembre 2007
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A la croisée des chemins,

Là où se rencontre nos deux destins,

Je t'attendrais.

 

J'y poserais mon paquetage,

Tout les restes de mes naufrages,

Triant le bon grain de l'ivraie.

 

J'y chasserais les malheurs,

Toujours à l'affût de ton coeur,

La souffrance de ton absence comme fusil.

 

J'y puiserais au ruisseau nos espérance,

J'arrêterais ici mes errances,

Me lavant de larmes et de pluie.

 

J'y dormirais à la belle étoile de tes yeux,

Usant de mes souvenirs pour le feu,

Qui chassera ces cauchemars à jamais.

 

Et c'est là, à la croisée de ce chemin,

Là où se rencontre nos deux destins,

Que je t'attendrais.

Par Xaer Khân - Publié dans : Poésies
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Dimanche 9 septembre 2007
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Toi, belle inconnue que je connais ni d'Eve,

Ni d'Adam, je te regarde de ma place,

Et devant ta grâce, tout autre beauté s'efface,

Comme les plantes malignes privé de sèves.

 

Sans en venir, tu emportes avec toi les délices d'Afrique,

Au soleil généreux, à l'argile mirifique,

Au sourire radieux de ces femmes,

Vivant leur être au son des tams-tams.

 

Un soleil dont je crains de plier sous les coups,

Comme l'ont fait les Croisés d'antan,

Et même si la comparaison a mille ans,

L'amour courtois reste l'apanage des fous.

 

Car il ne me reste nul autres armes,

A part, je vous l'avoue ma dame,

Celle que je porte comme ma plus belle hache,

Elle tient en un mot: mon panache!

Par Xaer Khân - Publié dans : Poésies
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Dimanche 9 septembre 2007
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Les dés en sont maintenant jetés,

Voilà que je jette mon coeur à tes pieds,

Espérant Dieu sait quel miracle,

Et mettant mon âme en spectacle.

 

Je n'ai que peu de confiance à t'offrir,

Mais ta forteresse reste à conquérir.

Après en avoir bâti moi même les murs,

Je dois les traverser et soigner tes blessures.

 

Le pardon est un acte divin,

Et si tu es celle que je crois,

Il sera pour toi anodin,

Et pour moi objet de toute foi.

 

Je t'ai peut être perdu,

Un comble, je ne t'ai jamais eu,

Mais je peux dire que même sans t'avoir vu,

J'eus le privilège de t'avoir connu.

 

Car voici que tout ce qui me reste,

Tient en ces trois mots: Alea Jacta Est.

Par Xaer Khân - Publié dans : Poésies
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Dimanche 9 septembre 2007
psaume137.jpg

Devant la beauté d'une telle bergère,

Je ne peux qu'accepter de brouter,

Les verts pâturages des rosées printanières,

Que l'Eternel veut bien placer sur mes sentiers.

 

Devant ces eaux paisibles,

Sous ta houlette et ton bâton,

Tu repousses le fardeau de l'horrible,

A cause de ton nom.

 

Dans la vallée de l'ombre et de la mort,

Je ne crains aucun mal,

Car tu m'accompagnes de coeur et de corps,

Privilège que nombre envie, comme Baal.

 

Le bonheur et la grâce m'accompagnent,

A la simple évocation,

Au simple souvenir,

Du son de ta voix aux accents de lyre.

 

Je n'habiterais pas dans ta maison,

Que l'Eternel a bâti en ton coeur.

Du moins, je resterais à son perron,

Jusqu'à ce que de tristesse, je me meurs.

Par Xaer Khân - Publié dans : Poésies
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Jeudi 30 août 2007

Chapitre 3: de l'art de trouver sa voie

 

Il était quatorze heures du matin, et je n'arrivais toujours pas à dormir. La fatigue était là, mais pas le sommeil. Il prenait un malin plaisir à sortir le soir, à faire la bringue toute la nuit et à revenir au petit matin complètement défoncé. Et cette fois ci, il découchait carrément. Je me rendais à l'évidence: mon sommeil avait fugué. Le commissaire de police, devant mon inquiétude, me spécifia qu'il fallait attendre 48 heures pour signaler la disparition. Qui sait ce qui pouvait arriver en 48 heures... Un cauchemar pouvait passer à fond la caisse, et écraser mon pauvre sommeil, et je le retrouverais complètement ravagé. Ou bien pire, des idées perverses pouvaient le violer, et je le retrouverais perverti et traumatisé...

Je prenais donc mon mal en patience en écrivant ce qui me passait par la tête. J'avais une idée de roman, mais impossible de trouver un héros charismatique. J'avais pensé à une éponge qui parle, et qui à un ami étoile de mer au fond de l'océan, mais je trouvais cela surréaliste...

Bref, le syndrome de la page blanche me guettais et je la voyais vraiment se moquer de moi... Pour lui clouer le bec, je la remplissais de poème miteux où il était question de femmes divines et surréalistes, ce qui avait pour effet de la nourrir de sarcasmes...

Bref, je cherchais l'inspiration. Dans la musique d'abord: rage contre les machins, caisse à outils, metallicats, un cercle imparfait du subjonctif, puis dans la littérature et dans le cinéma. Mais j'avais la cruelle sensation qu'on me piquait mes idées avant que je les ai, et ça me rendait furax...

Je recevais un coup de téléphone en plein milieu du front et de l'après midi.

 

« Coucou c'est Eve!

-Eve? Comment as tu eu mon numéro?

-Hier, tu me l'as fait...

-Arf, je suis trop imprudent...

-Ca te dirais qu'on se voit, je n'ai pas d'amis...

-Pas, ou plus?

-Pas.

-Ha... heu, ok! On se voit au bar à pigeon?

-Ok »

 

Au bar, j'eus la délicieuse surprise de voir qu'Eve était déjà là... pas de retard, même en avance. Et en train de lancer des patchs au pigeons.

« Mais tu fais quoi là? Lui dis-je

-Ben je donne des patchs à la nicotine au pigeons!

-Mais c'est stupide, tu vas les désintoxiquer!

-Ha zut, je n'y avais pas pensé, fit elle en lançant une nouvelle série de patchs »

 

Je m'installais, posais mon journal sur la table, avec mon cahier d'écriture.

« Je peux? Fit elle en désignant le tas

-Je t'en supplie, répondis je en fixant un pigeon en proie à son nouvel autocollant »

Elle ne pris pas mon journal comme je le pensais, mais mon cahier et commença à lire. J'en fus horrifié, terrassé de honte. Elle releva la tête au bout de quelque minutes et me lança d'un ton des plus maritimes:

« C'est pas mal »

 

Je pris conscience d'une terrible réalité: je n'étais cantonné qu'à cette simple constatation, celle d'être que le milieu qualitatif, de n'être ni bon, ni mauvais, mais « pas mal ». Quoi que fusse mes efforts, cela faisait une vingtaine d'année que la négation accompagnant un terme péjoratif me suivait: « t'es pas si mal, t'es pas si mauvais, t'es pas si con ».

 

Et je serais certainement cantonné à cela le reste de ma vie.

La leçon est rude mais réelle: on a beau espérer être différent, nous ne sommes qu'insignifiance pour les autres, et cet insignifiance conduit à notre propre dénigrement. Je pris mon cahier d'écriture et le lançais aux pigeons qui se ruèrent sur les pages pour les bourrer de tabacs et de patchs et de les allumer. Au moins, j'étais utile à quelque chose, et le peu de talent que j'avais partait en fumée...

Par Xaer Khân - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 30 août 2007

Chapitre 2: De l'art de séduire

 

J'arrivais de bon heure chez Nino. Il m'ouvrit, apparemment la tête dans le pâtée. Il s'en extirpa difficilement et m'en proposa une tartine, que je refusa poliment:

« Je ne veux rien qui sort de près ou de loin de ton corps »

La transcription n'est pas exacte, mais approximative, le lecteur voudra bien m'en excuser...

Nino, quant à lui rangea le trop plein de pitance dans sa boite et le replaça dans le frigo.

« Alors, quoi de neuf?

-Rien de bien passionnant. Je ne trouve pas de commencement à ce bouquin. A croire que je ne sais rien faire de ma vie.

-Justement, à propos de rien, on pourrais sortir ce soir?

-Oui, pourquoi pas, ça me changerai les idées...

-Il va y avoir plein de prétendante pour le concours qui rêvent de prouver leur valeur...

-Exact! » Fis-je hormonalement intéressé

 

C'est ça le drame entre moi et Nino. On aime les femmes. Le réciproque est plus rare... surtout pour moi.

Et pourtant, si elles savaient...

Bref!

Nous partîmes vers l'endroit le plus susceptible de recueillir nos suffrages (je proposais la Chine, mais Nino me rétorquait que c'était trop loin, ce à quoi je lui répondais « pas en creusant »). La soirée ne fut pas comme on l'espérait... du moins, comme Nino l'espérait. J'avais le malheur d'être honnête avec les demoiselles que je côtoyais.

 

Leçon n°1: ne jamais être honnête.

 

Tout le monde, Sarah la première, me disais que mon problème avec les filles, c'est moi. Je serais moins compliqué. Pour moi, mon problème avec les filles, c'est les filles. Comme ça, on ne tourne pas autour du pot.

Quant à Nino, lui, il n'avait pratiquement pas décroché un mot de la soirée. Sa timidité le rendait complètement muet. Il ne pouvait que parler en langage des signes, et vu qu'il ne maîtrisait pas la langue (ou la main), il s'exposait à de sérieuses déconvenues (on me signifia à un moment qu'il avait dit à une jolie jeune fille qu'il aimait sa moustache, ce à quoi la fille lui répondit que tant qu'elle n'aurait pas son traitement hormonal, cela était normal). Bref, Nino ne consommait qu'avec les yeux, et ils commençaient à le faire souffrir. Soudain, il me pris le bras et me désigna une demoiselle:

 

« Tu vois ce que je vois? »

 

Je devais être honnête avec lui: si je voyais autre chose, ça devait être sous une impulsion étrangère, comme une limonade de houblon par exemple. Mais effectivement, j'apercevais ce qu'il me désignait d'un doigt tremblant: une joli petite blonde, aux traits avantageux et aux rides de la vie inexistante. Bref, aucun intérêt pour moi.

 

« Ouais, je vois, et alors?

-Alors? Elle est trop bien, me fit-il la larme à l'oeil

-Hé bien, va la voir! Éructais-je du fond de mon verre

-Moi. Ca va pas non? »

 

J'étais face à une cruelle constatation. Il existe plusieurs types d'hommes. Le type A, qui va vers les femmes, et qui trouve que le type B sont des imbéciles heureux avec leur timidité. Le type B, quant à lui, trouve que le type A n'est qu'une bande de prétentieux dragueurs, voir de beaufs et de misogynes. Le type C, qui s'apparente au type A, n'a qu'une différence: il ne drague pas, tout leur tombe tout cuit dans le bec, ce qui attise la jalousie du type B. Le type C se prend pour un type A, le type A n'en veut pas, ainsi que du C.

Tout ça pour dire quand dans ce cas là, Nino était un pauvre type (je préfère ne pas parler de moi, j'aime croire que je n'appartiens à aucune classification, si ce n'est de façon périodique et élémentaire).

Je décidais d'aller voir la fille pour Nino, après tout, fallait bien s'occuper...

 

« Bonjour, je vais être franc avec toi, t'es pas mon genre, mais tu es celui de mon ami, ça serait bien qu'on y passe pas des lustres en préliminaires linguistiques...

-Tu ne me demandes même pas mon prénom?

-C'est important?

-C'est élémentaire dans la séduction!

-Ha! »

 

Leçon n°2: toujours avoir l'air faussement intéressé...

 

« C'est quoi ton prénom alors?

-Celle de la première femme de l'humanité.

-Lucy?

-Non, Eve!

-Connais pas, on a retrouvé son corps quand?

-Mais... je parle de Eve... de la Bible...

-Je suis pas trop littérature actuelle, je suis plutôt classique...

-Bon passons, je peux pas sortir avec ton ami, j'ai un petit copain.

-Je crois pas que Nino veuille sortir avec ton copain...

-Ton imbécillité est rafraîchissante, tu sais...

-Excuse moi, je reviens dans un moment »

 

Je retournais vers Nino qui était en train de s'attaquer à ces ongles au marteau piqueur.

 

« Alors, qu'est ce qu'elle t'a dit?

-Laisse tomber, elle m'a l'air vachement obtus... »

Par Xaer Khân - Publié dans : Nouvelles
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